Né le 10 août 1950 à Paris, Charles Serruya développe depuis le milieu des années 80 un travail graphique utilisant ombre chinoise et silhouette découpée. Photographie, film, projection et mise en lumière se déclinent au gré des réalisations et collaborations allant du défilé de mode au spectacle vivant.
Charles Serruya revendique une certaine idée du baroque en évitant la surenchère. Il s'en amuse et s'exécute avec des moyens a minima mais sans minimalisme. Une poésie dépourvue de mièvrerie se dégage de ses œuvres, comme si un personnage échappé d'un vase de la Grèce antique récitait des vers de Prévert.
Un voyage qui transcende les références sans retenue l'emmène sur le chemin du nomadisme.
Portraitiste à ses heures, il improvise un cabinet portrait ambulant. Le sujet est ainsi mis en scène in situ entouré de ses attributs réels ou imaginés. Point de portrait officiel ou de commande ici, la fantaisie des personnalités s'esquisse d'un trait léger.
Un trait qu'il étire jusqu'à devenir fil. Un fil de fer rudimentaire qui se sophistique et dont les effets se démultiplient selon les sujets choisis : portrait, nu ou fresque. Un fil d'allégresse que l'on suit à la trace dans son enchevêtrement maîtrisé.
Christophe Martinez


