Artiste pluridisciplinaire, Annabelle d’Huart pratique la photographie, la sculpture et le dessin. Après des études à l’École Camondo, dans les années 1970 elle séjourne à New York où elle photographie dans leur atelier les principaux représentants du minimalisme.
Dans les années 1980, elle conçoit trois livres sur Ricardo Bofill, et crée le Taller Design, une cellule axée sur la recherche de matériaux appliqués dans les projets d’architecture.
Elle entame dans les années 1990 un travail personnel et expose deux sculptures installations Songes d’or ou L’Origine rêvée (1994) et Déesses (1998) en même temps qu’elle réalise des bijoux, pièces uniques qui feront l’objet d’une exposition à la galerie Gladys Mougins en 2003. Elle aura conçu des bijoux de haute joaillerie pour Chanel (2000) et pour Yohji Yamamoto (2007).
De sa collaboration avec la Manufacture de Sèvres à partir de 1996, naîtront le décor d’un service de table Atlantide, des assiettes, des pièces de formes, un surtout de table et un service à thé et à café. En hommage à Ruhlmann (2006), elle revisite la célèbre forme de tasse avec soucoupe pour laquelle elle conçoit un nouveau décor. Elle réalise la première collection de bijoux en porcelaine de Sèvres jamais crée et 300 bijoux-sculptures en porcelaine voient le jour au cours d’une résidence de plus de trois ans à la Manufacture (2007-2010) : métaphores de paysages imaginaires, ces formes moulées en porcelaine sont inspirées par les Choses de flot et de mer (expression trouvée dans Les Travailleurs de la mer de Victor Hugo). La première partie de cette collection est présentée (2008) dans le Salon des boiseries du musée des Arts décoratifs et la seconde partie à la galerie Anne Sophie Duval (2010). Au cours de l’exposition Dans la ligne de mire au musée des Arts décoratifs (septembre 2013-mars 2014), une sélection de ces bijoux est mise en regard avec les objets de Sèvres appartenant aux collections permanentes dans les vitrines des galeries du xviiie siècle. S’y déploient également une installation, Laisses de mer (aussières échouées formant collier de 24 mètres ponctué d’émaux de grand feu), une œuvre textile de grand format Black Sea Princess (broderie au point de Cornely), et un dessin, Sea Princess (graphite sur papier Ingres). Le cycle Choses de flot et de mer s’achève par une exposition à la galerie Pixi – Marie-Victoire Poliakoff (novembre-décembre 2013) autour d'un livre d’artiste éponyme qui accompagne la présentation des soixante-quatre bijoux issus de la collection Chose de flot et de mer acquis par Sèvres–Cité de la céramique. En mai 2016, Annabelle d'Huart expose et complète ce cycle avec une nouvelle sélection de bijoux, d’œuvres graphiques et de photos chez Piasa-Le Cube, à Paris.
À New York, dans le même temps, elle participe à une exposition collective sur une invitation de la galerie Pixi par Zürcher Gallery et présente des œuvres graphiques, Blue Waves.
En 2016, la manufacture de la Savonnerie lui confie la réalisation d’un tapis, Hauts Fonds, exposé en septembre 2017 à la Galerie des Gobelins.
L’Atelier Stéphane Crémer édite American Painters. Cinq photos sont acquises par le Musée d’art Contemporain de Philadelphie, et seront exposées en juin 2017 dans le cadre d’une exposition sur Cy Twombly.





